La qualité de l'air intérieur dans les ERP

Le décret QAI

les points clés

Pourquoi la QAI est devenue un enjeu de santé publique

Nous passons en moyenne 80 à 90 % de notre temps dans des espaces clos : logement, école, bureau. Or l’air intérieur peut être jusqu’à 5 à 8 fois plus pollué que l’air extérieur, du fait du confinement, des matériaux de construction, du mobilier et des activités humaines.

 

Selon l’ANSES, le coût sanitaire de la pollution de l’air intérieur est estimé entre 19 et 20 milliards d’euros par an en France, entre dépenses de santé, pertes de productivité et dégradation de la qualité de vie. La QAI s’intègre désormais dans l’approche « Une seule santé » (One Health), qui relie santé humaine, santé animale et état de l’environnement.

 

Pour les enfants, personnes âgées et publics fragiles, les principaux occupants des ERP visés par le décret, l’exposition prolongée à un air de mauvaise qualité est d’autant plus préoccupante que leur organisme est plus vulnérable aux polluants chimiques et biologiques.

Qu'est-ce que la QAI ?

La qualité de l’air intérieur (QAI) désigne la composition de l’air respiré dans les espaces clos : bureaux, salles de classe, EHPAD, crèches, hôpitaux. Elle est affectée par plusieurs types de polluants :

  • Polluants chimiques : composés organiques volatils (COV), formaldéhyde, benzène, CO2, monoxyde de carbone
  • Polluants physiques : particules fines (PM10, PM2,5), fibres (amiante)
  • Polluants biologiques : moisissures, allergènes, bactéries, acariens
  • Radon : gaz radioactif naturel, particulièrement présent en sous-sol

 

Une mauvaise QAI peut entraîner allergies, asthme, irritations, troubles cognitifs, notamment chez l’enfant et la personne âgée et des pathologies plus graves en cas d’exposition chronique au formaldéhyde ou au radon.

Qui est concerné par le décret QAI ?

Depuis la loi Grenelle II et le décret n° 2012-14 du 5 janvier 2012, modifié par les décrets n° 2022-1689 et n° 2022-1690 du 27 décembre 2022, la surveillance de la QAI s’impose progressivement aux établissements recevant du public accueillant des populations sensibles :

  • Depuis 2018 : crèches, halte-garderies, écoles maternelles et élémentaires
  • Depuis 2020 : accueils de loisirs, collèges, lycées
  • Depuis le 1er janvier 2025 : structures sociales et médico-sociales, EHPAD, établissements de santé

 

📌 Les établissements sportifs couverts pratiquant des activités aquatiques (piscines) ne sont plus concernés par ce dispositif : ils relèvent des exigences d’aération et d’assainissement du Code du travail.

Les trois obligations du décret QAI

  • Évaluation annuelle des moyens d’aération, avec mesure du confinement en CO2 : vérification du bon fonctionnement des systèmes de ventilation, de l’accessibilité des ouvrants et de la conformité des débits d’air
  • Autodiagnostic quadriennal (tous les 4 ans) des sources de pollution : repérage des principaux polluants et des sources dans les pièces représentatives de l’établissement
  • Campagnes de mesures réglementaires de polluants, réalisées par des organismes accrédités COFRAC, à chaque étape clé du dispositif

Échéance à retenir : le premier autodiagnostic et le premier plan d’actions doivent être réalisés au plus tard le 31 décembre 2026 pour les établissements concernés qui n’ont pas encore engagé leur démarche.

Comment se déroule concrètement l'autodiagnostic ?

L’autodiagnostic n’implique pas systématiquement d’examiner l’intégralité d’un établissement. La réglementation prévoit un principe d’échantillonnage représentatif :

  • Pour un établissement de six pièces ou plus, l’évaluation porte sur un échantillon représentatif correspondant à la moitié des pièces, avec un minimum de cinq pièces
  • Les pièces sont sélectionnées selon plusieurs critères : configuration des bâtiments, période de construction, travaux récents susceptibles d’affecter la QAI, présence d’ouvrants extérieurs, type de ventilation
  • Au-delà de vingt pièces examinées, l’évaluation est réputée suffisante quelle que soit la taille de l’établissement

 

Pour chaque pièce examinée, l’évaluation des moyens d’aération vérifie notamment l’accessibilité et la manœuvrabilité des ouvrants donnant sur l’extérieur, ainsi que le bon fonctionnement des systèmes de ventilation mécanique le cas échéant.

 

Certaines étapes clés du cycle de vie du bâtiment (travaux, changement d’usage d’une pièce) ne nécessitent pas de reprendre une campagne complète : une campagne partielle, ciblée sur certains polluants seulement, peut suffire. Les modalités précises de ces campagnes ciblées sont détaillées en annexe des décrets applicables.

Les polluants réglementés lors des campagnes de mesures

Les campagnes de mesures réglementaires, réalisées par des organismes accrédités, portent en priorité sur :

  • Le formaldéhyde, composé organique volatil émis par de nombreux matériaux de construction et d’ameublement
  • Le benzène, présent notamment à proximité du trafic routier et de certaines sources intérieures
  • L’indice de confinement, calculé à partir des mesures de CO2, qui reflète le renouvellement d’air global d’une pièce

 

Les particules fines (PM10, PM2,5) ne sont pas explicitement mesurées par le décret QAI ERP lui-même, mais elles font partie des enjeux couverts par l’autodiagnostic des sources de pollution, et seront davantage encadrées avec la transposition de la directive européenne 2024/2881 (voir plus bas).

Le calendrier des échéances

  • 2018 Crèches, halte-garderies, écoles maternelles et élémentaires
  • 2020 Accueils de loisirs, collèges, lycées
  • 2023 Réforme du dispositif : autodiagnostic quadriennal et plan d’actions généralisés à tous les ERP sensibles déjà couverts
  • 2025 Extension aux structures sociales et médico-sociales, EHPAD, établissements de santé
  • 2026 Échéance du premier autodiagnostic et du premier plan d’actions (31 décembre); transposition de la directive européenne 2024/2881 (11 décembre)

Ce que dit la nouvelle directive européenne

La directive UE 2024/2881, entrée en vigueur le 11 décembre 2024, divise par deux les seuils réglementaires pour les particules fines (PM2,5) et le dioxyde d’azote (NO2), avec un objectif fixé à 2030. La France doit transposer ce texte en droit national avant le 11 décembre 2026.

Cette directive concerne d’abord l’air extérieur, mais ses effets se répercutent mécaniquement sur l’air intérieur : un air extérieur moins pollué améliore la qualité de l’air ventilé dans les bâtiments. Elle introduit également une surveillance renforcée de polluants émergents jusque-là peu encadrés : les particules ultrafines (PUF) et le carbone suie.

Quelles sanctions en cas de non-conformité ?

Le non-respect des obligations de surveillance de la QAI expose le gestionnaire de l’ERP à plusieurs niveaux de sanctions :

  • Sanctions administratives : mise en demeure par le préfet, obligation de réaliser les mesures sous astreinte, voire fermeture temporaire de l’établissement
  • Sanctions pénales : amende de 1 500 € à 3 000 € en cas de récidive, par infraction constatée (article L. 226-9 du Code de l’environnement)
  • Responsabilité civile : en cas de pathologie avérée liée à une mauvaise QAI, la responsabilité du gestionnaire peut être engagée

Quelles sanctions en cas de non-conformité ?

La QAI s’inscrit dans le même mouvement réglementaire que le décret BACS et le décret tertiaire : mieux piloter et mieux mesurer la performance des bâtiments, au-delà de la seule consommation énergétique. Une bonne gestion technique du bâtiment (GTB), déployée dans le cadre du décret BACS, facilite d’ailleurs le suivi du CO2 et de la ventilation exigé par la réglementation QAI, les deux démarches se complètent naturellement lors d’un audit énergétique professionnel.

L'accompagnement OBJECTIF7

OBJECTIF7 vous accompagne à chaque étape de votre mise en conformité QAI :

  1. Diagnostic initial : évaluation de vos moyens d’aération et repérage des sources de pollution potentielles dans les pièces représentatives de votre établissement
  2. Autodiagnostic réglementaire : réalisation de l’autodiagnostic quadriennal conformément aux exigences des décrets n° 2022-1689 et n° 2022-1690
  3. Plan d’actions correctif : élaboration de préconisations concrètes et hiérarchisées (amélioration de la ventilation, traitement des sources de pollution, sensibilisation des occupants)
  4. Intégration globale : la QAI s’articule naturellement avec vos études réglementaires sur le décret tertiaire, la RE2020 et le décret BACS
  5. Veille réglementaire continue : suivi des évolutions à venir, notamment la transposition de la directive UE 2024/2881 avant fin 2026

en résumé :

La qualité de l’air intérieur n’est plus un sujet secondaire pour les gestionnaires d’ERP sensibles : c’est une obligation légale à trois volets (aération, autodiagnostic, mesures), avec une échéance déterminante au 31 décembre 2026. La transposition prochaine de la directive européenne 2024/2881 va encore renforcer les exigences dans les années à venir. Anticiper cette mise en conformité, en la couplant avec les démarches déjà engagées sur le décret BACS ou le décret tertiaire, permet d’éviter les sanctions tout en garantissant un environnement plus sain aux occupants.

NOS HASTAGS

Partager :

J’aime ça :

J’aime Chargement…