TOUT COMPRENDRE POUR METTRE VOTRE PARKING EN CONFORMITÉ

LA LOI APER

les points clés

QU'EST-CE QUE LA LOI APER ?

La loi n° 2023-175 du 10 mars 2023, dite loi APER, vise à accélérer le déploiement des énergies renouvelables en France. Son article 40 introduit une obligation spécifique : équiper les grands parcs de stationnement extérieurs de dispositifs de production d’énergie renouvelable, le plus souvent sous forme d’ombrières photovoltaïques.

Le texte s’inscrit dans la continuité de la loi Climat et Résilience (dite loi CliRé) du 22 août 2021, qui imposait déjà des obligations d’ombrage et de gestion des eaux pluviales sur les parkings extérieurs de plus de 500 m². La loi APER vient préciser et durcir ces règles pour les parkings de plus de 1 500 m², en y ajoutant l’obligation d’une production d’énergie renouvelable.

Un décret d’application, le décret n° 2024-1023 du 13 novembre 2024, est venu détailler les modalités concrètes de cette obligation : définition de la surface concernée, critères d’exonération et modalités de calcul.

💡 L’obligation ne concerne que les parkings extérieurs, hors infrastructure ou superstructure de bâtiment. Elle s’ajoute aux autres obligations réglementaires qui pèsent sur les bâtiments tertiaires, comme le décret tertiaire ou le décret BACS.

QUI EST CONCERNÉ ET COMMENT CALCULER LA SURFACE ?

Sont concernés les parcs de stationnement extérieurs dont la superficie dépasse 1 500 m², qu’ils appartiennent à des entreprises (commerces, industries, sièges sociaux, plateformes logistiques), à des collectivités territoriales, ou à des gestionnaires de zones d’activités.

Le calcul de la surface assujettie intègre :

  • ✅ Les emplacements de stationnement
  • ✅ Les voies de circulation nécessaires aux manœuvres
  • ✅ Les zones de péage
  • ❌ Les espaces verts
  • ❌ Les zones de stockage
  • ❌ Les parties réservées aux véhicules transportant des marchandises dangereuses

À titre de repère, une place de stationnement standard mesure environ 11,5 m² : un parking de 1 500 m² correspond donc grossièrement à un parc de 80 à 130 places selon la configuration des voies de circulation.

LE CALENDRIER : DEUX ÉCHÉANCES SELON LA TAILLE

C’est le point le plus souvent mal compris : l’échéance n’est pas la même pour tous les parkings, comme le précise Service-Public.fr.

PARKINGS 1 500 - 10 000 M²

  • Échéance : 1er juillet 2028
  • Délai supplémentaire de 18 mois possible (matériel européen ou durable)

PARKINGS > 10 000 M²

  • Échéance : 1er juillet 2026
  • Sanction renforcée en cas de non-conformité

Pour les nouveaux parkings, c’est-à-dire ceux dont la demande d’autorisation d’urbanisme a été déposée à compter du 10 mars 2023, les règles s’appliquent dès l’obtention de l’autorisation, avec des exigences plus strictes que celles applicables à l’existant, précisées par photovoltaique.info.

Une loi de simplification du droit de l’urbanisme et du logement, publiée fin novembre 2025, est venue ajuster certains critères d’application, mais elle a confirmé le maintien de l’obligation de solarisation, malgré des débats parlementaires sur le sujet en 2025.

QUELLE SURFACE DOIT ÊTRE COUVERTE ?

L’obligation impose de couvrir au moins 50% de la surface du parking par un dispositif d’ombrage. Pour les parkings existants, deux options sont possibles, selon les précisions apportées par la préfecture de l’Hérault :

  • Une couverture intégralement assurée par des ombrières photovoltaïques
  • Une solution mixte, associant arbres et ombrières, à condition que la partie « ombrières intégrant un procédé de production d’énergie renouvelable » couvre au moins 17,5% de la surface totale du parking

Cette option mixte offre une certaine flexibilité, notamment pour les sites où la plantation d’arbres est déjà envisagée ou existante.

QUELLES SONT LES SANCTIONS EN CAS DE NON-CONFORMITÉ ?

Contrairement à ce qui circule parfois, l’obligation n’est pas sanctionnée par une astreinte journalière, mais par une amende administrative annuelle, reconduite chaque année tant que le site n’est pas mis en conformité, comme le précise le décret n° 2024-1023 :

  • Jusqu’à 20 000 € par an pour les parkings de moins de 10 000 m²
  • Jusqu’à 40 000 € par an pour les parkings de 10 000 m² et plus

Cette sanction est prononcée par l’autorité administrative compétente et s’applique de manière proportionnée à la gravité du manquement.

EXISTE-T-IL DES DÉROGATIONS ?

Oui, plusieurs cas d’exonération sont prévus par les textes :

  • Lorsque les travaux ne peuvent pas être réalisés dans des conditions économiquement acceptables (surcoût induit devant dépasser 10% du coût des travaux)
  • Lorsque le parking est déjà ombragé par des arbres sur au moins la moitié de sa superficie
  • En cas de contraintes techniques majeures ou d’ensoleillement insuffisant
  • Sur les sites classés ou inscrits au titre des monuments historiques, une analyse au cas par cas est nécessaire
  • Lorsque la suppression ou la transformation du parking est déjà programmée dans le cadre d’une opération d’aménagement

⚠️ Ces dérogations doivent être justifiées par un dossier technique et économique solide, généralement établi par un bureau d’études qualifié.

COMMENT SE METTRE EN CONFORMITÉ ?

  • Diagnostic et étude de faisabilité technico-économique : surface exacte concernée, structure du sol, ensoleillement disponible, calcul du temps de retour sur investissement
  • Dimensionnement technique de l’installation photovoltaïque (puissance, implantation, raccordement au réseau)
  • Montage du dossier réglementaire : autorisations d’urbanisme, raccordement, éventuel dossier de dérogation
  • Accompagnement en maîtrise d’ouvrage (AMO) jusqu’à la réalisation des travaux, y compris pour identifier les aides financières photovoltaïque 2026 mobilisables

À titre d’exemple, un projet réalisé sur le parking d’un supermarché en Centre-Val de Loire a permis d’équiper 1 223 m² de surface de stationnement, pour une puissance installée de 322 kWc et une production annuelle estimée à 384 000 kWh.

L'ACCOMPAGNEMENT OBJECTIF7 / SOLAIRE7

OBJECTIF7, bureau d’études basé à Aix-en-Provence, accompagne les entreprises et collectivités de la région PACA sur l’ensemble de cette démarche, via son pôle dédié au solaire, SOLAIRE7 :

  • Étude de faisabilité technique et financière
  • Dimensionnement de l’installation d’ombrières photovoltaïques
  • Montage du dossier réglementaire et AMO
  • Accompagnement pour un éventuel dossier de dérogation si votre situation le justifie

Voir aussi nos articles sur le décret tertiaire et le décret BACS, deux autres obligations réglementaires qui concernent souvent les mêmes bâtiments.

EN RÉSUMÉ :

La loi APER impose une couverture en ombrières photovoltaïques sur les parkings extérieurs de plus de 1 500 m², avec un calendrier échelonné (2028 pour 1 500-10 000 m², 2026 au-delà). En cas de non-conformité, une amende administrative annuelle s’applique, reconduite chaque année. Des dérogations existent, mais doivent être justifiées techniquement. Se faire accompagner par un bureau d’études qualifié permet d’anticiper sereinement cette échéance.

Bouc-Bel-Air
Loi APER
ombrières photovoltaïque

Article rédigé par l’équipe OBJECTIF7. Dernière vérification réglementaire : juillet 2026.

Images : Des projets SOLAIRE7 – Super U Bouc-Bel-Air, UNAPEI 13 et école de Toulon

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